       |
|
Les
livres-objets de Mario Masini témoignent d’un questionnement
presque obsessionnel, que cet artiste n’a cessé d’alimenter
depuis 1968. A travers ces volumes lacérés, transformés
en d’étranges sarcophages de la pensée humaine, se
révèle une blessure profonde (souvenirs des tortures infligées
par le déchiffrement d’impénétrables volumes?)
en même temps qu’un jeu dérisoire mettant en relief
la relativité et les limites du pouvoir de l’écrit.
La présence de la mort - ou au moins de la morbidité - au
sein même de ce qui devrait échapper à l’usure
du temps met en scène le rapport ambigu que nous entretenons depuis
l’enfance avec la culture écrite. Il renvoie aussi le spectateur
à sa propre destinée, à sa fragilité et à
son animalité première.
Silvio Corsini
Conservateur B.C.V. Lausanne
in " Le Livre En Pièce
|
L'Hebdo 1995, Photo Fantys
|
|